

Le chemsex, ça peut être une façon de se sentir plus libre, d'explorer de nouvelles sensations, de lâcher prise ou de partager un moment intense avec d'autres personnes.
Les produits peuvent modifier ta perception du temps, booster (ou vider) ton énergie et influencer ta façon de décider. Les sessions peuvent durer plus longtemps que prévu, avec plusieurs partenaires ou plusieurs produits. Ça comporte certains risques mais beaucoup peuvent être réduits en les anticipant un peu.
Ce qui mérite ton attention
- Si les produits prennent plus de place que tu le voudrais dans ta vie
- Si tu ressens des effets inhabituels ou pas agréables
- Si tu es très fatigué·e ou en manque de sommeil
- Si, à un moment, tu n'es plus sûr·e que tout le monde est d'accord
Ce que tu peux faire
- Préparer ton espace, ton matos, penser aux dosages
- Poser tes limites à l'avance, surtout en plan à plusieurs
- Te renseigner sur les effets et les mélanges, faire analyser tes produits quand c'est possible
- Espacer les prises (environ 2h), boire de l'eau, manger un peu, dormir après
- Prévenir une personne de confiance ou t'entourer de gens en qui tu as confiance
- Côté santé sexuelle : pense à la PrEP, au préservatif, au dépistage régulier, à être à jour de tes vaccins et au TPE (Traitement post exposition au VIH) en cas de rapport non protégé
- Si tu as besoin d'en parler : tu peux échanger avec d'autres personnes qui pratiquent le chemsex, consulter un·e addictologue ou un·e professionnel·le de santé mentale.
Trouve le lieu le plus proche de chez toi pour parler de chemsex, de santé sexuelle, de santé mentale ou pour accéder à du matériel de réduction des risques, à Paris et en Seine-Saint-Denis.
Pendant un plan, il est possible qu'on te propose plusieurs produits différents. Sache que les produits n'ont pas les mêmes effets selon le/la consommateur·trice et selon le mode de consommation. Pour éviter les surdoses, les bad trip et les effets indésirables, il est important de savoir ce que tu consommes.
Ce qui mérite ton attention
- Tu ne sais plus dire depuis combien de temps tu consommes.
- Tu ressens des effets négatifs ou différents par rapport à ce que tu connais.
- Quelqu'un qui tient des propos incohérents/ne réagit plus.
Ce que tu peux faire
- Éviter de partager ton matos, cela multiplie les risques d'avoir une IST.
- Te renseigner sur les modes de consommation (ingestion, sniff, fumer, plug anal, slam) et leurs risques.
- Te renseigner sur les produits que tu consommes et sur leurs effets. Quand c'est possible, tu peux aussi faire tester tes produits.
- Commencer par une petite quantité pour voir la façon dont tu réagis au produit et éviter la surdose ou le badtrip.
- Te renseigner sur les mélanges, et éviter ceux que tu ne connais pas, ou qui impliquent trop de produits différents. Par exemple, mélanger le G avec de l'alcool, de la kétamine, de la tina ou du poppers/viagra est très dangereux.
- Suivre ta consommation de G en notant tes prises sur le G-track
- Espacer les prises (d'environ 2h), boire de l'eau, manger et se reposer.
- Appeler les urgences (le 18 ou le 15) si quelqu'un se sent mal, perd connaissance ou si tu as un doute sur un potentiel danger.
Certains produits peuvent interagir avec des traitements antirétroviraux. Pour réduire les risques, tu peux te référer à ce tableau.
La composition des produits évolue souvent. Un produit acheté n'est pas forcément ce qu'il prétend être et son dosage peut varier d'une fois à l'autre (même si tu les achètes à la même personne).
En chemsex, où les prises peuvent s'enchaîner et se combiner, cette incertitude augmente les risques de surdose (notamment avec le G/GHB-GBL), de bad trip ou d'effets imprévus, et d'interactions dangereuses avec d'autres produits ou avec certains traitements.
Faire analyser ton produit permet de savoir ce qu'il contient réellement et d'adapter ta consommation en conséquence.
Ce qui mérite ton attention
- Faire tester ses produits, c'est légal, anonyme et gratuit
- Un tout petit échantillon suffit
- Selon la méthode d'analyse, les résultats peuvent être disponibles en quelques heures ou en quelques jours
Ce que tu peux faire
- Tu peux par exemple te rendre à Paris au CAARUD Beaurepaire ou au Spot Beaumarchais.
- Il existe d'autres lieux pour faire tester tes produits : tu peux consulter la carte interactive d'Analyse ton Prod.
- Même si un produit correspond à ce que tu pensais acheter, n'hésite pas à vérifier les interactions possibles avec d'autres produits, l'alcool ou certains traitements.
Le matériel de consommation à moindre risque, c'est l'ensemble des outils utilisés pour consommer des produits en limitant les risques d'infection et de blessures.
Cela peut être par exemple : des pailles pour le sniff, des pipes pour l'inhalation, des seringues et matériel d'injection stérile pour le slam, des récipients propres, eau stérile, filtres, etc.
Ce qui mérite ton attention
- Partager des pailles, des pipes ou des seringues peut faciliter la transmission de virus ou de bactéries (notamment l'hépatite C et le VIH) à cause de micro-lésions ou de traces de sang invisibles.
- Le slam (injection) comporte des risques particuliers. Des pratiques de réduction des risques spécifiques permettent de les limiter.
Ce que tu peux faire
- Utiliser du matériel individuel, neuf, à usage unique et adapté à ta pratique permet de réduire les risques de transmission du VIH, des hépatites et d'autres infections.
- Tu peux en trouver gratuitement :
- dans les CAARUD (ex: le CAARUD Beaurepaire)
- dans certains CSAPA (ex : 110 Les Halles)
- via des automates de distribution présents à Paris
- S'il n'y a pas de structures près de chez toi ou que tu ne souhaites pas t'y rendre, il est aussi possible de commander du matériel à distance, livré chez toi, de manière discrète.
- Pense à te faire dépister régulièrement des IST (tous les trois mois) et te faire vacciner
Le slam correspond à l'injection de produits dans les veines. Les effets surviennent en quelques secondes et peuvent être très intenses.
L'injection expose à des risques spécifiques :
- dépendance plus rapide,
- risque plus élevé de surdose,
- infections locales (abcès, plaies, complications),
- risque de transmission du VIH, des hépatites et d'autres IST en cas de partage de matériel.
Ce qui mérite ton attention
- Tu as des plaies qui ne guérissent pas, qui gonflent, deviennent douloureuses, sentent mauvais ou produisent du pus.
- Tu as partagé ton matériel de consommation avec quelqu'un.
- Tu as le sentiment de ne plus pouvoir te passer du slam ou de perdre le contrôle.
Ce que tu peux faire
- Te renseigner sur les pratiques qui permettent de limiter les risques associés au slam. Elles sont recensées dans cette brochure.
- En cas de plaie, d'infection ou de complication, consulte rapidement un·e professionnel·le formé·e : au CSAPA de l'Hôpital Marmottan, au Checkpoint Paris ou à SAFE. Le personnel saura t'accompagner sans jugement.
- N'utilise que du matériel stérile et personnel à chaque injection. Le partage favorise la transmission du VIH, des hépatites et d'autres infections. Procure-toi ton propre matériel d'injection.
- Si tu as partagé du matériel récemment, prendre le TPE (traitement post-exposition), au plus tôt, te protège du VIH.
- Pense à te faire dépister régulièrement des IST (tous les trois mois) et à te faire vacciner.
Quand on prend des chems, on peut avoir du mal à savoir où l'on en est, ou à en parler par peur d'être jugé·e.
Faire le point te permet de mieux comprendre la place qu'occupe le chemsex dans ta vie : fréquence, impacts sur ta santé, ton moral, ton sommeil, tes relations. Pour y voir plus clair, tu peux commencer par faire une autoévaluation, chez toi, sans pression et à ton rythme.
Ce qui mérite ton attention
- Tu ne sais pas où tu en es avec tes consos.
- Tu as du mal à parler de ta pratique avec d'autres personnes/tu as peur d'être jugé·e.
- Tu te poses des questions sur l'impact du chemsex sur ta santé, sur ta vie pro ou perso
Ce que tu peux faire
Faire le point avec le Chemtest, pour mieux comprendre ta situation et être orienté vers des ressources qui te conviennent.
Échanger avec d'autres personnes qui pratiquent le chemsex peut t'aider à te sentir compris·e et moins isolé·e. C'est aussi une manière de partager des conseils, de se soutenir pour faire une pause ou arrêter sa conso par exemple.
Ce qui mérite ton attention
- Tu te sens isolé·e : tu as l'impression que ton entourage ne te comprend pas, te juge ou tu as du mal à parler du chemsex avec tes proches.
- Tu sens que le chemsex prend trop de place dans ta vie ou tu t'interroges sur ta consommation.
- Tu as du mal à avoir des relations sexuelles sans produits.
- Tu cherches des informations pour réduire les risques.
Ce que tu peux faire
- Participer à des groupes de discussion entre personnes qui pratiquent le chemsex :
- Le SPOT Beaumarchais propose toutes les semaines des soirées d'échanges pour permettre de se rencontrer et d'échanger dans un cadre confidentiel et bienveillant :
- ChemsexBreak (Le Spot) : si tu veux faire une pause ou arrêter les plans chems.
- ChemsexClub (Le Spot) : si tu souhaites parler de ta pratique du chemsex, des effets des produits et des moyens de réduire les risques.
- Tu peux également te rendre dans les groupes de parole organisés par Chemspause ou les réunions LGBTQI+ des Narcotiques Anonymes.
- Le SPOT Beaumarchais propose toutes les semaines des soirées d'échanges pour permettre de se rencontrer et d'échanger dans un cadre confidentiel et bienveillant :
- Si tu souhaites rester anonyme ou tu n'as pas envie de te déplacer :
- Tu peux parler de ta consommation et poser tes questions à d'autres personnes qui prennent des chems sur le groupe télégram de AIDES ou celui de Chemspause.
- Tu peux rejoindre le groupe Facebook Info Chemsex pour discuter avec d'autres personnes qui pratiquent le chemsex et avoir des informations.
- Tu peux aussi contacter un·e militant·e de AIDES formé·e aux questions liées au chemsex via WhatsApp ou Signal au 07 62 93 22 29.
Tu te poses des questions sur ta consommation ? Tu as l'impression de ne pas/plus la maîtriser ? Tu peux te rendre chez un·e addictologue. Ce sont des médecins spécialistes, qui sauront t'aider à identifier tes besoins sans te juger et à trouver des solutions adaptées.
Ce qui mérite ton attention
- Tu as l'impression que les produits prennent trop de place dans ta vie.
- Tu annules régulièrement des rendez-vous familiaux, amicaux ou professionnels.
- Tu as du mal à dire non à un plan/tu n'arrives pas à t'arrêter lorsque tu es lancé.
Ce que tu peux faire
- Des centres de santé sexuelle communautaires proposent un accompagnement pour les usager·es de chemsex avec un·e addictologue : le Checkpoint Paris et le 190.
- Il existe des consultations avec des addictologues, où tu pourras discuter de ta consommation, sans jugement et être accompagné·e :
- A Paris : à l'hôpital Marmottan, à l'Hôpital Bichat, au CSAPA Monceau ou au CSAPA Moreau de Tours
- En Seine-Saint-Denis : CSAPA Le Corbillon (93200)
- Tu peux également discuter avec un·e professionnel·le de santé mentale et/ou échanger avec d'autres personnes qui pratiquent le chemsex.
- N'hésite pas à en parler à ton médecin généraliste ou tout·e professionnel·le de santé en qui tu as confiance : il pourra t'orienter selon tes besoins.
Si tu te sens mal, triste, anxieux·se ou agité·e, ou si tu te poses simplement des questions, il est important de ne pas rester seul·e avec ça. Parler à un·e professionnel·le peut vraiment aider.
Tu trouveras ici des contacts de psychologues en mesure d'accueillir tes questionnements liés au chemsex, mais pas seulement : difficultés personnelles, relations, sexualité, mal-être général ou toute situation que tu souhaites explorer dans un espace d'écoute bienveillant et confidentiel.
Ce qui mérite ton attention
- Tu te sens isolé·e/tu ne sais pas vers qui te tourner pour en parler/tu perds confiance en toi
- Tu annules souvent des rendez-vous familiaux, amicaux et professionnels.
- Tu vis régulièrement des expériences négatives, tu te sens perdu·e.
- Tu ressens le besoin de parler à un·e professionnel·le en santé mentale
Ce que tu peux faire
- Te faire accompagner par un·e psy formé·e aux enjeux des personnes LGBTQI+, dans un cadre bienveillant et confidentiel :
- au 190, centre de santé LGBT+ qui propose des accompagnements psychologiques.
- auprès d'un·e psy de l'association PSYGAY·E·S
- via le dispositif de l'Enipse CESAME Paris/Île-de-France qui te propose des consultations avec des professionnelles de santé mentale
- le réseau ESPAS propose également un accompagnement psy pour les personnes vivant avec le VIH et/ou LGBTQI+.
- Certains CeGIDD peuvent proposer des consultations psy. N'hésite pas à te renseigner auprès de ton centre le plus proche (à Paris ou en Seine-Saint-Denis)
- Tu peux aussi en parler à ton médecin généraliste ou tout·e professionnel·le de santé en qui tu as confiance : il pourra t'orienter selon tes besoins.
Lorsque tu vis avec le VIH, le traitement empêche la transmission du virus (TasP / Indétectable = Intransmissible). Pourtant, certaines personnes sont mal informées ou peuvent avoir des réactions discriminantes.
Tu es libre de parler ou non de ta séropositivité avec tes partenaires : cela t'appartient. Et si certaines situations sont difficiles à vivre, tu n'as pas à les affronter seul·e. Il existe des espaces où échanger avec d'autres personnes vivant avec le VIH, partager ton expérience et trouver du soutien.
Ce qui mérite ton attention
- Tu te sens isolé·e, tu perds confiance en toi
- Tu as subi des discriminations liées au VIH
- Tu te sens incompris·e par ton entourage, tu ressens le besoin de parler de ton expérience avec des personnes qui te comprennent
Ce que tu peux faire
- L'association Les petits bonheurs te propose des moments de convivialité avec d'autres personnes qui vivent avec le VIH.
- Tu peux aussi discuter avec un·e psy/sexologue formé pour accompagner les personnes vivant avec le VIH à Action traitements ou au sein du réseau ESPAS.
- Enfin tu peux échanger anonymement avec une écoutant·e formé·e via le livechat de Sida info plus.
Le chemsex peut être une façon de rencontrer des personnes, de partager des moments ou de se sentir moins seul·e. Mais il est aussi possible de créer des liens, de sortir ou de rencontrer des personnes LGBTQI+ en dehors des plans chems.
Ce qui mérite ton attention
- Tu as l'impression de passer trop de temps sur les applis.
- Tu te sens seul·e/isolé·e et les soirées chems représentent l'essentiel de ta vie sociale
Ce que tu peux faire
- Participer à des activités sportives ou culturelles LGBTQI+ (chorales, danse, jeux vidéo, jeux de société...)
- Trouver un événement LGBTQI+ près de chez toi via Strobo Mag
- Rejoindre l'apéro LGBTQI+ de AIDES 93 à Saint-Denis ou Bobigny ou les activités du MAG Jeunes LGBT+
- Participer aux activités de WASSLA si tu es originaire des pays du monde arabe.
- Partager des moments conviviaux entre personnes vivant avec le VIH avec l'association Les petits bonheurs
- Participer à des évènements à La Maison Perchée si tu vis avec des troubles psychiques.